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Le blogue d'impôts canadien et plus, avec notre expert-fiscaliste Gerry Vittoratos.



C’est le plus beau moment de l’année d’imposition

par UFile Team Équipe ImpôtExpert | janv. 22, 2019   Commentaires:

Blogue ImpôtExpert - REER

Eh oui, le moment est venu, encore une fois : c’est la saison des REER! Jetons ensemble un coup d’œil sur les rudiments de cet allégement fiscal.

Qu’est-ce qu’un REER?

Un REER est un régime enregistré d’épargne-retraite. Il s’agit d’un véhicule d’épargne mis en place par le gouvernement fédéral pour vous permettre d’investir dans un compte à impôt différé. Les mots « impôt différé » sont importants car un REER n’est pas exempt d’impôt. En effet, les fonds placés dans ce type de régime s’accumulent sans impôt jusqu’à ce qu'il soit temps de les retirer.

Que puis-je acheter dans le cadre d’un REER?

Pratiquement tout actif pouvant être investi comme de l’argent, des certificats de placement garanti, des obligations d’État et de sociétés, des fonds communs de placement et des valeurs mobilières inscrites à une bourse de valeurs désignée. Un REER n’est pas un placement en soi, mais plutôt un régime au sein duquel vous pouvez acquérir des placements et différer l’impôt applicable.

Où puis-je me procurer des placements pour mes REER?

Les banques, les sociétés de placement, les compagnies d’assurance et les courtiers en valeurs mobilières sont quelques-uns des intermédiaires qui peuvent vous assister dans cette démarche.

Est-ce que ça en vaut vraiment la peine?

Oui, absolument! Même si vous avez peu d’argent à mettre de côté, les REER sont un excellent moyen de réaliser des épargnes à long terme puisque vous pouvez ainsi différer l’imposition des sommes que vous y placez jusqu’à la retraite (à 71 ans selon l’ARC; vos REER sont alors convertis en FERR). C’est là un avantage non négligeable car si vous faites des placements similaires ailleurs que dans un REER, les revenus générés (intérêts, dividendes, gains en capital) sont imposés sur-le-champ. Grâce au report d’impôt que vous assure un REER, vous pourriez avoir accumulé un pécule considérable lorsque viendra le temps de quitter le régime à l'âge de 71 ans.

Oui, mais est-ce que ça en vaut vraiment, vraiment la peine?

Les épargnes s’accumulent et l’impôt applicable est différé, mais y a-t-il d’autres avantages à cotiser à un REER? C’est là que les choses deviennent particulièrement intéressantes : non seulement les sommes épargnées peuvent-elles fructifier sans interférence du fisc avant le moment du retrait, mais vous avez également droit à une déduction d’impôt! En effet, toute cotisation à votre REER au cours de l’année sera déduite de votre revenu net lors du calcul du revenu imposable. Ceci représente un rendement immédiat sur votre investissement, et ce avant même que votre argent ait eu le temps de faire des petits! Pour voir ce principe en application, utilisons une hypothèse des plus simples.

Jean a gagné 40 000 $ durant l’année. Il dispose d’environ 3 000 $ à investir et il songe à placer cette somme dans un REER. Avec un revenu de 40 000 $, Jean est assujetti à l'impôt fédéral au taux de 15 %. Considérons la situation de Jean avec et sans cotisation à un REER :

Sans REER : 40 000 $ x 15 % = 6 000 $ d’impôt à payer *

Avec REER : 40 000 $ - 3 000 $ = 37 000 $ x 15 % = 5 500 $ d’impôt à payer *

* Par souci de simplicité et pour démontrer clairement l’impact de cette déduction, nous avons omis de tenir compte des crédits d’impôt non remboursables. Une réduction du revenu net aurait pour effet d’augmenter d’autres crédits comme les frais médicaux. Nous avons également omis de tenir compte de l’impôt provincial.

Ainsi, dans l’exemple qui précède, Jean récupère 500 $ de plus de l’ARC simplement pour avoir effectué une cotisation de 3 000 $ à un REER.  

Et ce n’est pas tout! Vous bénéficiez d’un report d’impôt et d’une réduction de l’impôt à payer, et en plus, vous avez également droit à une augmentation de certains crédits et prestations comme le crédit pour la TPS, la prestation fiscale pour enfants et le crédit pour frais médicaux. Les montants comme le crédit pour la TPS et la prestation fiscale pour enfants dépendent de votre revenu net, et comme vos cotisations à un REER réduisent votre revenu net, vous pouvez ainsi réclamer davantage de tels montants. Les crédits qui figurent sur votre déclaration de revenus, comme le crédit pour frais médicaux, sont également fonction du revenu net; par conséquent, plus votre revenu net est faible, plus les montants réclamés sont élevés.

De toute évidence, les cotisations aux REER entrainent d’importants rendements sur votre investissement. Peu d’autres régimes en font autant.

Puis-je placer autant d’argent que je le veux dans un REER?

Non, vous êtes limité à 18 % du revenu gagné* jusqu'à concurrence du montant maximal établi (indexé annuellement), soit 26 230 $ pour l’année d’imposition 2018. C’est ce que l’on appelle la limite de cotisation à un REER. Vous pouvez connaitre votre limite en consultant votre avis de cotisation de l’année précédente ou en visitant le service Mon compte sur le site Web de l’ARC. Notez que toute marge de cotisation inutilisée sera reportée à l’année suivante.

*Pour l’ARC, le revenu gagné comprend entre autres le revenu d’emploi, le revenu net d’un travail indépendant, le revenu locatif net, les montants de pension alimentaire imposables, etc. Ainsi, certains revenus ne sont pas considérés par l'ARC comme étant des revenus gagnés, notamment les revenus d’intérêts, les dividendes et les gains en capital.

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