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L’économie à la demande en 2020 : réduisez vos impôts avec quelques conseils judicieux

par UFile Team Équipe ImpôtExpert | janv. 22, 2020   Commentaires:

Blogue d'ImpôtExpert - L’économie à la demande

Grâce aux progrès de la technologie, il est plus facile que jamais de rallier les rangs de l’économie à la demande (ou économie des petits boulots). Il suffit souvent de posséder une voiture et de télécharger une application. Le concept gagne en popularité; en effet, selon Statistique Canada (2016), plus de 1,7 million de Canadiens exercent une activité secondaire. Cependant, comme tout ce qui procure un revenu, ce deuxième emploi n’échappe pas aux griffes du fisc.  

Soyez bien organisé

Le meilleur conseil est le plus évident : organisez-vous le mieux possible. Le revenu tiré d’une source secondaire comme Uber, Lyft, Uber Eats et Skip The Dishes, entre autres, constitue un revenu de travail indépendant. Vous pouvez donc déduire les frais engagés pour faire un peu d’argent supplémentaire, mais si vous ne faites pas un suivi adéquat de vos dépenses, vous n’aurez pas droit à ces déductions.

Les gains tirés d’une plateforme comme Airbnb, par exemple, peuvent constituer un revenu d’entreprise ou de location, selon les services offerts aux clients. À ce sujet, nous vous proposons un excellent article intitulé De Uber à Airbnb : apprivoiser les impôts dans une économie de partage. Quel que soit le cas, il est impératif de faire un suivi minutieux de vos dépenses.

Ceci dit, il n‘est pas nécessaire d’adopter l’ancienne méthode de la boite à chaussures pour conserver vos reçus. Tout comme les applications typiques d'une économie à la demande comme Uber et Airbnb, les applications comptables que l’on trouve actuellement sur le marché reposent sur une technologie des plus novatrices. Ainsi, il vous suffit maintenant de prendre une photo d'un reçu et la dépense est automatiquement enregistrée pour vous. Les boites à chaussures qui débordent de paperasse, c’est désormais chose du passé!  

Pour les frais de véhicule à moteur, l’ARC exige que vous conserviez un registre attestant du kilométrage parcouru aux fins de votre travail indépendant (entreprise). Durant la première année, vous devez conserver un registre exhaustif afin d’établir une « année de référence ». Pour les années suivantes, vous pourrez utiliser une période de 3 mois qui servira de registre représentatif. Là encore, la technologie est votre alliée. Il existe des applications qui peuvent compiler le kilométrage que vous parcourez et constituer votre registre. Assurez-vous de choisir celle qui répondra le mieux à vos besoins.  

Quelles déductions puis-je réclamer?

Comme les activités inhérentes à ce type de travail indépendant sont normalement gérées à partir du domicile, vous pouvez déduire les dépenses liées à l’utilisation d’un espace de travail à domicile pour les fins de votre entreprise. Nous insistons sur les mots « espace de travail » puisqu'en effet, vous pouvez déduire des dépenses de logement mais seulement pour la portion aménagée afin de vous permettre d'accomplir vos tâches. Ainsi, les dépenses admissibles doivent être calculées au prorata de la portion réservée à votre travail en rapport avec la superficie totale de votre domicile (superficie de l’espace de travail divisée par la superficie totale des lieux). De plus, cet espace de travail doit servir principalement à gagner votre revenu d’entreprise.  

Les dépenses de travail à domicile qui sont admissibles incluent une portion des frais d’entretien comme le chauffage, les primes d’assurance résidentielle, l’électricité et les produits de nettoyage. Vous pouvez également réclamer une portion des taxes foncières, de l’intérêt hypothécaire et de la déduction pour amortissement, ou une portion de votre loyer si vous êtes locataire.

Des dépenses comme les frais de téléphone cellulaire et d’Internet à domicile doivent également être calculées au prorata de l’usage dédié à l’entreprise, selon la formule mentionnée plus haut.

Si vous utilisez votre voiture pour les fins de votre entreprise, vous pouvez déduire des frais de véhicule à moteur admissibles comme les coûts de l’entretien, des réparations et du carburant, la déduction pour amortissement, les frais de location, les primes d’assurance, et les droits d’immatriculation et permis. Là encore, ces dépenses doivent être calculées au prorata de l’usage dédié à votre entreprise. Par exemple, si 30 % du kilométrage accumulé pour l’année est imputable aux activités de votre entreprise, vous pouvez déduire de votre revenu d’entreprise brut 30 % des dépenses admissibles. 

Faites preuve de retenue

Comme nous venons de le voir, dans la mesure où votre occupation secondaire constitue une entreprise, vous pouvez déduire certaines dépenses pour réduire vos impôts. C’est super, mais n’allez pas croire que vous pouvez maintenant dépenser à outrance au profit de votre entreprise simplement parce que le gouvernement vous donne un peu de répit. Une entreprise doit toujours limiter ses dépenses au minimum, quels que soient les allégements fiscaux qu’elle entend réclamer. Croyez-vous que des sociétés du Fortune 500 comme Walmart et Procter & Gamble se permettent de dépenser allégrement parce qu’elles ont droit à des déductions? Bien sûr que non.

Le gouvernement limite également ce qui est déductible au titre de dépenses spécifiques, notamment les frais de repas et divertissement. Si vous souhaitez essayer le resto le plus chic en ville mais hésitez en raison des prix astronomiques, vous pensez peut-être pouvoir enfin vous le permettre en compagnie d’un client puisque vous pouvez maintenant déduire cette dépense. Pas si vite, ce n’est pas aussi simple que cela! En fait, seulement 50 % d'une telle dépense peut être déduit du revenu d’entreprise. Ce beau resto vous tente soudainement un peu moins, n’est-ce pas?

Le gouvernement impose également des restrictions à vos frais de véhicule à moteur. Nous savons déjà que vous devez calculer vos dépenses au prorata du kilométrage parcouru aux fins de l’entreprise, mais le gouvernement impose une restriction additionnelle sur la valeur du véhicule en question. Votre déduction pour amortissement est basée sur la valeur du véhicule que vous achetez, et le montant réclamé représente la valeur du véhicule multipliée par le taux établi par l’ARC (30 %). Excellent! Vous pouvez donc vous offrir une voiture de rêve, peut-être une Mercedes ou une Lexus, puis réclamer la déduction pour amortissement selon la valeur du modèle choisi! Malheureusement, l'ARC intervient encore une fois. En effet, la valeur maximale admissible aux fins de la déduction pour amortissement est fixée à 30 000 $ (taxes en sus) et ce même si le véhicule que vous utilisez pour les activités de votre entreprise s’avère être un modèle haut de gamme. Allez-y et offrez-vous cette belle Lexus, mais n’oubliez pas que du point de vue fiscal, votre déduction sera celle d’une Toyota.

La leçon à retenir est donc des plus simples : évitez de dépenser à outrance pour votre entreprise sous prétexte d'avoir droit à des déductions, car ces avantages fiscaux ne sont pas aussi séduisants qu’il nous semble.

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